> BIR-HAKEIM : “Ici était l’âme de la France Libre”

Biographies des 7 témoins


 
Constant Engels.jpg

Constant ENGELS (1920-2018)

Né le 11 août 1920 à Esen d’un père ingénieur. Il prépare l'école des Mines et l'école des Sciences politiques en Belgique lorsque l'offensive allemande de mai 1940 le contraint avec une partie de sa famille à se réfugier à Dunkerque d’où ils embarquent pour l’Angleterre. En âge d’être mobilisé, Constant Engels doit alors être rapatrié mais le bateau qui le transporte le 17 juin vers la France fait demi-tour en apprenant la décision du Maréchal Pétain de demander l'armistice. Constant s’engage alors dans les Forces françaises libres.

Incorporé comme canonnier dans l'artillerie des FFL, il participe aux opérations de Dakar et du Gabon à l’automne 1940.Au printemps 1941, il prend part au sein de la brigade d'Orient à la bataille de Keren et à la prise de Massaoua en Erythrée. Il combat ensuite en Syrie en juin 1941. 

En décembre, il est intégré au 1er régiment d'artillerie des Forces françaises libres. Pendant la campagne de Libye, il participe à la bataille de Bir Hakeim en tant qu’observateur et radio. Le 7 juin 1942, blessé au tibia à son poste de combat, il supporte deux heures durant ses blessures sans soins. Il reçoit la croix de la Libération des mains du général de Gaulle le 11 août 1942 à l’hôpital Maurice Rottier de Beyrouth. Par la suite, il est affecté en Syrie, en Afrique noire, et à l'État-Major du général Kœnig à Alger puis à Londres.

Après la guerre, Constant Engels poursuit des études d'Ingénieur au Conservatoire national des arts et métiers et travaille dès 1947 comme chercheur au Commissariat à l'Energie Atomique.  Naturalisé français en 1949, il est affecté au Centre national d'essais en vol de Brétigny-sur-Orge (1954-1957).  Il est ensuite employé au ministère des Armées jusqu’en 1964, puis au ministère des Universités jusqu’en 1976 et il termine sa carrière au Commissariat à l'Energie atomique. Décédé le 3 avril 2018 à Beauzelle (31), Constant Engels est inhumé au cimetière du Père Lachaise à Paris.

Commandeur de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, Médaille Militaire, Croix de Guerre 39/45 avec palme. 


Favreau.jpg

Geneviève FAVREAU

Née le 16 septembre 1926 à Ismaïlia en Egypte. Son père, Robert Rognon, appartenait au personnel de la Compagnie du Canal de Suez.

En juillet 1940, elle est témoin de l’arrivée des volontaires débarqués de Chypre ou échappés de Syrie. Plusieurs sont accueillis chez ses parents : André Salvat, G. Garache, J. Pillard, G. Rossi, Pierre Heitzmann… Geneviève n'a que 15 ans lorsqu’elle assiste à la cérémonie de baptême du Bataillon d’Infanterie de Marine au camp de Moascar. Son père, qui s’était déjà battu durant la guerre de 1914-1918, bien qu’ayant plus de 40 ans, rejoint le BIM dès le mois d’août.

Début 1942, avec la 1èreBrigade française libre, ils traversent en long convoi le canal de Suez sur un pont de bateaux, en route pour le désert de Libye. Au moment de la Bataille de Bir Hakeim, Geneviève présentait son bac philo au Caire. Après la Sortie de vive force, elle retrouve chez ses parents parmi les jeunes gens ayant servi au Bataillon du Pacifique : André Salvat qui lui présente Jean Bellec, convalescent de ses blessures. Ce dernier lui parle de Benjamin Favreau, qui deviendra plus tard son époux. Les trois jeunes gens sont déjà Compagnons de la Libération. 

Lors de la bataille d’El Alamein, le père de Geneviève est porté disparu dans le Massif de l’Himeimat. On apprendra plusieurs mois plus tard qu’il est retenu prisonnier près d’Ancône. Il s’évadera en 1943 et retrouvera le BIMP près de Naples. Il participera au Débarquement de Provence.

En juin 1944, Geneviève obtient le droit de s’engager et rejoint à Marine Alger les volontaires féminines de la Flotte (Section féminine de la Flotte). En octobre elle débarque en France et passe l’hiver 1944-1945 en Bretagne : au Bataillon de marche de Lorient puis à l’infirmerie régimentaire du 4e fusiliers marins. Elle termine comme secrétaire au service des routes de Cherbourg. 

En 1949, elle épouse Benjamin Favreau qui poursuit sa carrière, entre 1946 et 1962 comme administrateur de la France d'Outre-Mer. Ils auront quatre enfants. Geneviève Favreau a publié en 2011 « Compagnon de la Libération », les mémoires de son époux, disparu en 1994.


Germain.jpg

Hubert GERMAIN

Fils d'un officier général issu des troupes coloniales, est né le 6 août 1920 à Paris. Bachelier, il prépare le concours de l'Ecole navale à Bordeaux au moment de la déclaration de guerre de septembre 1939. Renonçant au concours, il prend la décision d’embarquer le 24 juin 1940 avec trois camarades sur l'Arrandora Star, un transport de troupes polonaises qui appareille de Saint-Jean-de-Luz pour l’Angleterre. Engagé dans les Forces navales françaises libres, il suit les cours d'élève officier de marine sur le cuirassé Courbet. 

Au printemps 1941, il est affecté à l'Etat-major du général Legentilhomme, commandant en Palestine la 1ère Division légère française libre. Après avoir participé à la campagne de Syrie, il sort aspirant de l'école d'officiers de Damas en septembre 1941 et est affecté au 2e Bureau de l'Etat-major de la 1ère Brigade française libre du général Koenig. En février 1942, il rejoint les rangs de la 13e Demi-Brigade de Légion Etrangère et participe à la campagne de Libye durant laquelle il se distingue à Bir Hakeim comme chef de section antichars. Cité à l’ordre de l’armée, il est promu sous-lieutenant en septembre.

Il prend part ensuite aux combats de la 1ère Division française libre à l'Himeimat (El Alamein) en Egypte puis en Tunisie. En Italie, le 24 mai 1944, alors qu'il commande une section devant Pontecorvo, le lieutenant Germain est blessé en dirigeant le tir de mitrailleuses lourdes. Evacué sur Naples, il est décoré de la Croix de la Libération par le général de Gaulle en Italie à la fin du mois de juin.

Il participe au débarquement et à la campagne de Provence en août 1944, puis aux campagnes des Vosges, d'Alsace et des Alpes Maritimes (avril 1945). Appelé comme aide de camp auprès du général Koenig commandant les forces françaises d'occupation en Allemagne, le lieutenant Hubert Germain est démobilisé en 1946.

Attaché de direction dans une entreprise de produits chimiques, il est élu maire de Saint-Chéron en Essonne (1953-1965). Chargé de mission au cabinet du Ministre des Armées Pierre Messmer (1960 -1962 puis 1967- 1968). Il est élu député de Paris en 1962, réélu en 1968 puis en 1973. Hubert Germain est vice-président du groupe UDR à l'Assemblée nationale (1971-1972). Il est ministre des PTT puis ministre chargé des relations avec le Parlement (1972-1974).

Hubert Germain est membre du Conseil de l'Ordre de la Libération depuis décembre 2010.

Grand Croix de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, Croix de Guerre 39/45 avec palmes, Médaille de la Résistance avec rosette, Grand Croix de l'Ordre de Malte.


Heitzmann.jpg

Pierre HEITZMANN (1921-2015)

Né à Paris le 28 juin 1921 de parents Alsaciens. Militaire engagé au Liban en janvier 1940, il rejoint les Français Libres en juillet 1940 en Palestine. Affecté au sein du 1er Bataillon d'Infanterie de Marine, il participe à la première campagne de Libye, fin 1940-début 1941 et entre à Tobrouk. 

Un an plus tard à Bir Hakeim, Pierre Heitzmann participe à des « Jocks colonnes » - des actions de raids contre l’ennemi, en tant que servant au fusil-mitrailleur. Surnommé « Pierrot-la-chance » par ses camarades, il reçoit une citation pour les avoir guidés vers le point de ralliement allié lors de la sortie de la position.

Pierre poursuit ensuite les combats au sein du B.I.M.P qui réunit le BIM et le Bataillon du Pacifique : bataille d’El Alamein, campagne de Tunisie, d’Italie, puis le débarquement en Provence et les campagnes de libération du territoire national jusqu’à celle des Alpes où le 10 avril 1945 le BIMP part en tête de l’attaque du massif de l’Authion (avril 1945). 

Après la guerre Pierre Heitzmann quitte l’Armée et termine sa carrière comme chef comptable dans une grande entreprise. Il fut Président de l’Amicale du 1er Bataillon d’infanterie de Marine et du Pacifique, et membre du Bureau de l’Amicale de la 1ère Division Française Libre jusqu’à son décès.

En septembre 2012, il fut choisi pour être parrain de de la promotion en formation initiale au CFIM de Dieuze. Pierre Heitzmann est décédé le 27 février 2015 à Charenton-le-Pont.

Officier de la Légion d’Honneur, Croix de Guerre avec palmes, Médaille militaire, Médaille coloniale avec agrafes (Libye, Bir Hakeim, Tripolitaine, Tunisie), chevalier de l’Ordre national du Mérite.


nordmann 4.jpg

Roger NORDMANN (1920 -2015)

Né à Paris le 30 novembre 1920 dans une famille juive bourgeoise – son père est administrateur de sociétés, sa mère, Germaine, artiste peintre, Roger Nordmann est l’aîné de trois garçons.

Étudiant, il fait partie du Racing club de France, où il fait de l’athlétisme et du hockey sur gazon, il prépare son entrée à Polytechnique quand, le 17 juin 1940, il entend à la radio l’appel du maréchal Pétain à cesser le combat. Il décide de passer en Angleterre, avec l’accord de sa mère, qui lui « fait un papier, autorisant son fils mineur à s’engager dans les troupes anglaises ou américaines ». Embarqué en juin 1940 à Saint-Jean-de-Luz à bord du Baron Nairn à destination de Liverpool, il signe son engagement dans les Forces françaises libres le 1er juillet.

Après l’opération de Dakar, il entre à l’école des élèves officiers de Brazzaville. Sorti aspirant, il sert comme officier à la 7e compagnie du bataillon de marche n° 2, avant de rejoindre le 1er régiment d’artillerie qui combat à Bir Hakeim, puis il est affecté au 21e groupe antillais de DCA, avec lequel il termine la guerre.

Après la guerre, ingénieur, Roger Nordmann entre chez Dassault, où il dirige les achats de la branche « avions » puis l’hebdomadaire Jours de France. Décédé le 3 mai 2015 à Paris, Roger Nordmann a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise.

Commandeur de la Légion d’honneur, grand officier de l’ordre national du Mérite, croix de guerre 1939-1945, médaille de la Résistance, médaille coloniale (agrafes Libye, Bir Hakeim, Tunisie), médaille du Levant.


Jacques Roumeguère Lybie 1942 .jpg

Jacques ROUMEGUERE (1917- 2006)

Né au Havre le 17 avril 1917, fils d'un colonel d'artillerie tué au front en 1918, Jacques Roumeguère fait son service militaire dans l'artillerie de marine en 1938.

Fait prisonnier le 1er juin 1940 après avoir participé à la défense de Lille, il s'évade et rejoint l’Angleterre le 17 juin, de nuit, depuis le Pas-de-Calais dans une barque en compagnie de cinq britanniques.

Engagé à Londres dans les Forces Françaises libres, il suit le Corps expéditionnaire en Afrique et prend part à l'opération de Dakar puis à la campagne de Syrie (juin 1941). Après une formation d'officier à l'école d'aspirants de Damas, il rejoint le 1er Régiment d'artillerie des FFL avec lequel il participe, au sein de la 1ere Brigade française libre, à la campagne de Libye.

Grièvement blessé à la jambe à Bir-Hakeim le 9 juin 1942, il refuse d'abandonner son poste avant le lendemain et est évacué en ambulance lors de la sortie de vive force. Il reçoit la croix de la Libération des mains du général de Gaulle, en août 1942 à Beyrouth. A la fin de la campagne d’Italie, il rejoint son régiment au moment du débarquement de Provence (16 août 1944) pour prendre part aux combats de la 1ere division française libre dans les Vosges, en Alsace et dans les Alpes Maritimes (avril 1945). 

En novembre 1945, il occupe le poste de secrétaire général de l'Ordre de la libération avant d'exercer dans les années 1960 les fonctions de consul général à Bangui, puis à Diego-Suarez.

Nommé en 1973 chef de district de la Nouvelle-Amsterdam, il termine sa carrière comme inspecteur général de l'équipement en 1983. Décédé à Paris le 25 décembre 2006, Jacques Roumeguère est inhumé au cimetière de Saint-Loup-de-Gonois (45).

Commandeur de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, Commandeur de l'Ordre National du Mérite, Croix de Guerre 39/45, médaille de la Résistance, médaille des Evadés, médaille Coloniale (agrafes AFL, Levant, Libye, Bir-Hakeim), Croix du Combattant Volontaire de la Résistance, Member of the British Empire.


Tranape2.jpg

Jean TRANAPE (1918-2012)

Né le 3 décembre 1918 à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) d’un père commerçant. Dessinateur aux Travaux Publics de Nouméa, il effectue son service militaire et est incorporé au Bataillon Mixte d'Infanterie Coloniale en janvier 1940. Après le ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France Libre fin septembre, il se porte volontaire pour intégrer le Bataillon du Pacifique créé à l'initiative du commandant Félix Broche, commandant les troupes de Tahiti.

Jean Tranape parvient avec son unité au Moyen-Orient en juillet 1941 et participe à toutes les actions de son Bataillon. En juin 1942, après Bir-Hakeim où il est cité à l'ordre de l'Armée, il est intégré au Bataillon d'Infanterie de Marine et du Pacifique créé par la fusion des effectifs du Bataillon du Pacifique et du 1er Bataillon d'Infanterie de Marine. Il prend part ensuite aux campagnes de Libye, de Tripolitaine et de Tunisie.

En mai 1944, au cours de la campagne d'Italie, il est blessé par éclats de grenade dans la région de Girofano. Fin juin, il est décoré par le général de Gaulle de la Croix de la Libération.

Il débarque en Provence en août et prend part à la libération de Toulon au cours de laquelle il est de nouveau blessé par balle, le 21 août. Evacué sur l'Afrique du Nord, il rejoint son bataillon en décembre 1944 à Paris, où son unité a été mise au repos à la caserne Latour-Maubourg.

Il termine la guerre avec le grade de sergent-chef et, démobilisé en juillet 1946, reprend son métier de dessinateur industriel.

Jean Tranape est nommé membre du Conseil de l'Ordre de la Libération par décret du 19 août 1958.

Il est décédé le 21 août 2012 à Rueil-Malmaison (92) où il a été inhumé.

Commandeur de la Légion d'Honneur, Compagnon de la Libération, médaille Militaire, Croix de Guerre 39/45 avec palmes, médaille Coloniale (agrafes Libye, Bir-Hakeim, Tripolitaine, Tunisie), médaille des Services Volontaires dans la France Libre, médaille des Blessés.